Interview parue dans le journal la Marseillaise du 27/02/2000
Réalisée par Francis Cossu

FC : Après "Couleurs de Danse" ou "Quoi de neuf hier ?" , "Les femmes en danse" c'est le titre de votre nouvelle exposition …

  • CP :Oui, j'ai choisi de faire des portraits de femmes qui dansent pour des femmes. Parce que souvent elles mettent en scène des choses dures, violentes. Et aussi, elles travaillent avec des éléments comme la terre, l'eau, la boue.

Toutes les photos gardent une trace de pellicule, cette bordure crantée…
(Note du webmestre : Les photos exposées ici, n'ont pas toutes leurs bords crantés: le scanner n'a pas toujours rendu la transparence du film sur fond noir.)

  • J'ai eu envie de rester proche de cette matière brute. De tirer, sans cadrer et ensuite de recadrer la photo avec une craie de couturière pour montrer ce qu'elle serait avec un tirage propre.

Au départ, vous êtes prof de gym ?

  • Oui. C'est à cette occasion que j'ai faite ma première photo de danse. Le comité départemental des Bouches du Rhône m'avait commandé un travail sur les compagnies amateurs qui l'animaient.
    Et puis de plus en plus de compagnies professionnelles sont venues dans la région montrer leur spectacle. A chaque fois j'allais les voir, je leur demandais l'autorisation de prendre des photos. Petit à petit, j'ai fait des rencontres humaines et j'ai développé mon activité.

Comment se passe la prise de vue ?

  • Généralement, je ne vois pas les spectacles en répétition. Je préfère aller directement à une représentation publique. Et je guète l'instant. Quand on a déjà vu un spectacle on attend l'instant, avec le risque de passer à côté. Moi, je me mets à l'affût.

Qu'est ce qui vous préoccupe dans la danse ?

  • Plus que la danse où le mouvement, c'est l ‘énergie qui m'intéresse. L'émotion aussi.
    L'énergie, dans la violence de ce que les corps renvoient. Dans leurs attitudes. Par exemple, je peux photographier un bras. Faire un gros plan sur un muscle qui accrocherait un mouvement. C'est un instant fort. Et c'est plus parlant que de voir une jambe levée !
    C'est aussi pour cela peut-être que je ne photographie pas du classique. C'est une danse trop codifiée. Il n'y pas assez de place pour cette énergie là, ces émotions nées du corps des danseurs.

Vos photos sont très sensuelles …

  • Je l'espère. (Sourires) Je trouve que c'est une source d'émotion que d'aller au plus proche des corps, dans la force ou la douceur.

Quel est votre plus beau souvenir de danse ?

  • Pina Bausch. Tous ses spectacles !
    Parce qu'à chaque instant, il se passe quelque chose d'imprévu, de triste, de gai. Il y a toute la palette des émotions et des énergies possibles. Avec en plus des danseurs magnifiques.